« Le jour où les liens se tissent »

Le jour où les liens se tissent est le septième tome de la série Le jour où… écrite par BeKa (Bertrand Escaich et Caroline Roque), illustrée par Marko et colorée par Maëla Cosson. Cette BD propose un regard sensible sur la construction des liens affectifs à travers l’histoire de Clémentine, jeune femme attachante qui peine à trouver sa place.

Des liens manquants dès l’enfance

L’enfance de Clémentine est marquée par le manque de démonstrations d’affection spontanée. En effet, pour obtenir un simple bisou, elle devait jouer « la Belle au Bois dormant » plusieurs fois. Sa mère et sa grand-mère finissaient par l’embrasser sur le front, mais ce n’était jamais naturel : Clémentine devait le réclamer. Fille unique, elle s’inventait des amies imaginaires, souvent des chaises, pour jouer au jeu de l’élastique et s’assurer d’avoir des compagnes de jeu toujours disponibles et dociles.

De plus, la relation avec son père était distante et absente : cloîtré dans sa chambre, il ne participait jamais aux repas familiaux et restait silencieux. Les repas du dimanche chez l’arrière grand-mère étaient mornes, et Clémentine mangeait tout ce qu’on lui servait, même lorsqu’elle n’avait plus faim, comme une manière de recevoir un peu d’attention et d’affection.

Relations familiales et dynamique « toujours 2+1 »

Lorsqu’elle apprend que son père quitte la maison, il lui laisse une lettre expliquant qu’elle n’est pas obligée de rester en contact, mais qu’il serait bien qu’elle garde un lien avec ses grands-parents. Ainsi, tout au long de sa jeunesse, Clémentine vit dans la configuration « toujours 2+1 » : elle et sa mère puis son père qui reste en retrait. Ils ne sont jamais tous les trois ensemble. Ce schéma symbolise donc la distance et la complexité des liens familiaux, influençant sa perception de la loyauté et de l’amour. C’est seulement lors d’un dîner chez un couple d’amis que Clémentine ressentira une atmosphère familiale pour la première fois de sa vie.

Premiers liens sécurisants à l’âge adulte

Plus tard, jeune adulte, Clémentine rencontre deux femmes en même temps : une femme suffisamment âgée pour être sa mère et une autre femme de son âge. Avec la première, elle partage des moments simples mais révélateurs : prendre le thé, jouer à des jeux, des instants où elle est vue, entendue et acceptée pour ce qu’elle est. Avec la seconde, elle découvre l’amitié entre pairs, les rires et la complicité. Elle sent alors qu’elle peut exister sans effort, sans avoir à demander de l’affection.

C’est aussi à cette période qu’elle attend avec espoir une carte postale, un petit signe d’attention et de loyauté qui symbolise son besoin d’être reconnue et vue dans ses relations. Ces expériences contrastent donc fortement avec sa solitude et ses stratégies d’enfant pour obtenir de l’attention.

Lire la BD comme un guide sur l’attachement

A travers ces épisodes de tranches de vie, la BD illustre comment les carences affectives précoces influencent la construction des liens, et comment les expériences de soutien, de présence et d’attention peuvent réparer ou compléter ces manques. Clémentine apprend peu à peu à identifier les relations sécurisantes et à se sentir légitime dans ses besoins affectifs.

La lecture psychologique de cette BD peut donc offrir aux jeunes adultes et aux adultes un éclairage sur la manière dont l’enfance façonne notre capacité à créer des liens, et comment il est possible, même tardivement, d’apprendre à tisser des relations authentiques et équilibrées.

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