Le jour où elle a pris son envol

Et si le bonheur n’était pas un chemin tout tracé, mais une série d’essais ?

Au premier abord, Clémentine va mieux, du moins en apparence.

Effectivement, elle ne se laisse plus marcher sur les pieds. Elle ose dire non. Elle tient ses positions au travail. Et elle a même mis fin à une relation qui ne lui apportait plus rien.

Et pourtant, malgré ces avancées, quelque chose résiste. Un manque diffus. Une sensation de décalage. Comme si s’être affirmée ne suffisait pas à se sentir pleinement vivante.

La BD Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëla, raconte ce moment précis : celui où l’on comprend que reprendre le contrôle de sa vie n’est pas encore trouver ce qui fait sens.

Dire non n’est pas toujours dire oui à soi

Clémentine a appris à se défendre. A poser des limites. A ne plus s’effacer.

Cependant, elle n’a pas encore identifié ce qui l’anime profondément.

En psychologie, cette étape est fréquente : on sort de la passivité, sans avoir encore accès à son désir.

On sait ce qu’on ne veut plus, sans savoir ce que l’on veut vraiment.

Ainsi, c’est dans cet entre-deux que commence l’histoire de notre héroïne.

L’épicerie, lieu de bascule

En quête de réponses, Clémentine retourne à l’épicerie de son ami Antoine, un homme sage qui avait commencé à élargir sa vision du monde. Mais Antoine a disparu.

A sa place, Clémentine fait la connaissance de Simon. Un physicien ayant également la casquette d’apiculteur.

Ce personnage à la fois rationnel et poétique, lui parle de trajectoires de vie, de choix possibles et de ces personnes qu’il appelle les « magiciens » : celles et ceux qui osent s’autoriser à vivre la vie qu’ils rêvent de vivre.

Avant de partir, Clémentine reçoit un extrait de Alice au pays des merveilles laissé par Antoine. Un détail qui n’en est pas un.

Alice au pays des merveilles : accepter de tomber dans le terrier

Comme Alice, Clémentine ne sait pas exactement ce qu’elle cherche. Mais elle accepte de suivre une intuition.

Dans le conte, Alice tombe dans le terrier sans savoir où elle va. Elle change de taille, perd ses repères, traverse un monde où les règles habituelles ne s’appliquent plus.

Ainsi, cette référence agit comme une invitation claire : accepter de ne pas tout comprendre avant d’agir.

Clémentine comprend alors que réfléchir indéfiniment ne l’aidera pas. Pour savoir quel est son chemin, il lui faudra…essayer.

Le voyage comme expérience de soi

Clémentine pose des congés et part seule. Commence alors un voyage initiatique jalonné de rencontres, chacune incarnant une autre manière de vivre.

A Berlin, Olivia lui fait découvrir une liberté simple et enfantine : s’allonger par terre, transgresser les règles invisibles, écouter son élan.

Olivia raconte à Clémentine son rêve de devenir harpiste, longtemps empêché par les injonctions de ses parents, et la manière détournée qui lui a permis de continuer à alimenter ce désir.

Son histoire, comme celle de Lun Xu, privé de musique dans la Chine de son enfance, rappelle une vérité essentielle : les désirs profonds trouvent parfois des chemins inattendus pour se réaliser.

Partout, la même question lui est posée : et toi, comment veux-tu vivre ?

En Norvège, Thomas montre à Clémentine qu’il est possible de travailler moins sans renoncer à l’efficacité.

A Bali, Wayan, né sans mains, devient peintre en inventant sa propre manière de créer.

Aucun de ces personnages n’a suivi un parcours « idéal ». En effet, ils ont composé avec leurs contraintes, sans renoncer à leur élan vital.

Petit à petit, Clémentine comprend alors que la question n’est pas : Quel est le bon choix ? Mais plutôt : Quel choix suis-je prête à essayer ?

Les portes-miroirs : quand l’état d’esprit oriente la trajectoire

A Osaka, Clémentine retrouve Antoine qui lui parle des portes-miroirs.

De ce fait, ce que nous ressentons face à une situation (peur, confiance, résignation ou désir), agit comme une demande silencieuse adressée à la vie. Ainsi, notre état d’esprit influence nos décisions, souvent à notre insu.

Ce n’est pas de la pensée magique. C’est une invitation à observer comment nos croyances façonnent nos possibilités.

Par conséquent, plus on se sent légitime de rêver, plus on s’autorise à agir en cohérence avec ce rêve.

Voilà ce que signifie « être magicien ».

Prendre son envol sans devenir quelqu’un d’autre

A la fin de ce tome, Clémentine n’est pas devenue une héroïne spectaculaire. Elle n’a pas cherché la réussite sociale à tout prix.

Elle est devenue libraire : un choix simple, aligné et vivant.

Clémentine est entourée, amoureuse et à sa place.

Et c’est peut-être ainsi le message le plus précieux de cette BD : prendre son envol, ce n’est pas changer radicalement de vie, mais changer son rapport à soi-même.

Ce que la BD nous dit en filigrane

  • Il n’existe pas de chemin parfait
  • Le bonheur n’est pas une ligne droite
  • On peut s’inspirer des autres sans se comparer
  • Et parfois, le courage consiste simplement à dire : Je ne sais pas encore, mais j’y vais.

Pourquoi ce livre est un support précieux en pratique thérapeutique

Le jour où elle a pris son envol est un merveilleux support pour aborder :

  • la quête de sens
  • les reconversions
  • la peur de se tromper
  • la comparaison aux autres
  • et cette question que l’on se pose si souvent : Et si je passais à côté de ma vie ?

Une BD qui n’impose pas de réponse, mais qui invite au mouvement.

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